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Léonard Gwarth-ee-Lass Peltier
Anishinahe-Lakota (Sioux)
un des leaders de
l'American Indian Movement
a été condamné à
deux peines consécutives
de prison à vie pour un crime
qu'il n'a pas commis

l'AIM (American Indian Movement), une organisation créée en 1968
pour dénoncer l'humiliation, la misère, l'acculturation et la dépossession des Indiens d'Amérique, pour attirer l'attention sur leurs conditions de vie dramatiques, par des actions
spectaculaires, mais non violentes. L'AIM se bat contre l'alcoolisme, distribue de la nourriture, crée des programmes d'autosuffisance, restaure des activités religieuses traditionnelles,
soutient la renaissance des langues autochtones.
Le FBI, farouche opposant de l'AIM, considère cette organisation comme subversive, et ses chefs comme des ennemis.
C'est pourquoi, dans les années 70, l'administration du président Richard Nixon met en place un programme de contre-espionnage interne pour infiltrer et déstabiliser les organisations
dites " subversives ", dont l'AIM. Une milice paramilitaire privée, recevant secrètement armes et munitions sophistiquées du FBI, est également créée : les Goon Squads (Guardians of Oglala
Nation).
Le FBI maintient sur les terres du peuple indigène ces soldats, véritables escadrons de la mort.
Le gouvernement américain procède à de multiples arrestations et accable le chef de l'AIM à l'aide de procès truqués et d'emprisonnements arbitraires.
La violence et les tensions s'intensifient.
Pour protester contre les brutalités des Goon Squads, les Sioux, aidés par des militants de l'AIM, occupent en février 1973 le village historique de Wounded Knee. Leonard Peltier participe à l'occupation. Les autorités assiègent le village pendant trois mois, hésitant à donner l'assaut, mais tuant deux Sioux.
En mai 1973, les assiégés se rendent après avoir exigé que des négociations s'ouvrent sur les traités violés et les conditions de vie des Indiens, mais les Goon Squads intensifient leur action et s'en prennent aux opposants dans les mois qui suivent, avec l'accord du gouvernement.
Une vague de terreur s'abat sur la population indigène dans la réserve indienne de Pine Ridge (État du Dakota du Sud) : quatre-vingt
militants du mouvement AIM sont assassinés entre novembre 1973 et fin 1975.
Dans un entretien réalisé pour le Boulder Weekly en mars 2000, Ben Corbett pose la question suivante : " Je sais que vous l'avez répété des milliers de fois, mais à quoi
ressemblait la pression qui existait sur Pine Ridge en 1975 ? " Voici ce que Leonard Peltier répond : " Je raconte cela sans discontinuer depuis vingt-quatre ans. Je ne peux que répondre comme je
l'ai toujours fait. Il y avait un règne de terreur qui était imposé au peuple oglala lakota par son propre gouvernement tribal. Nous savons maintenant qu'il y a un organisme [NDT : la Commission
sur les droits civiques des États-Unis] au sein du gouvernement américain qui a mené des investigations et qui, avant d'arriver à ses conclusions, avait déjà enquêté sur soixante-quatre décès qui
ont été imputés à la milice des Goons de Dick Wilson. Les gens vivaient dans la peur. Ils vivaient dans une terreur constante. C'était comme ça. "
Aucune enquête ne sera menée sur tous ces agissements illégaux.
Un matin de juin 1975, tout bascule…
La propriété dans laquelle les militants de l'AIM, dont Leonard Peltier, se sont établis, va se retrouver cernée par des Goon Squads, des agents du FBI et une foule de policiers. Une
fusillade éclate de tous côtés : deux agents du FBI sont découverts morts.
Une gigantesque campagne médiatique tente de criminaliser le mouvement indien. La répression règne dans toutes les réserves. Quatre mandats d'arrêt sont lancés, dont un contre Leonard Peltier, accusé d'avoir assassiné les deux agents du FBI.
À partir de là, tout n'est que mensonges et corruption : faux témoignages, fausses déclarations, fausses preuves, changement de chef d'inculpation en cours de route, etc.
En 1977, Leonard Peltier est condamné à la double peine de prison à vie alors qu'il n'y a aucune
preuve contre lui.
En 1992, le procureur Lynn Crooks reconnaît même que le gouvernement américain ne sait pas qui a tué ses deux agents.
En 1993, les avocats de Leonard Peltier déposent une demande de grâce présidentielle à la Maison Blanche, grâce qui demande
habituellement un délai de réponse de six à neuf mois…
Étant donné que Leonard Peltier est incarcéré depuis plus de vingt-cinq ans, il entre dans le processus de libération conditionnelle. La commission a
arbitrairement rejeté sa demande à 2008 !
Aujourd'hui, malgré la pression et le soutien du Congrès national des Indiens d'Amérique, le Conseil national des Églises, Amnesty International, etc., Leonard Peltier ne peut donc obtenir
ni la liberté conditionnelle ni une grâce présidentielle.
Leonard Peltier vit dans des souffrances physiques extrêmes.
Il a failli mourir en 1993 dans un hôpital pénitentiaire, au cours d'une opération bénigne de la mâchoire. En sortant du coma, il a été placé
dans une cellule infestée d'insectes. Depuis cette intervention chirurgicale, il a la mâchoire bloquée. Les instances pénitentiaires refusent de lui accorder des soins.
Il souffre également de problèmes cardiaques et de diabète. Il a perdu une grande partie de ses facultés visuelles.
Selon Sylvain Duez-Alesandrini, partisan du Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques et coordinateur européen du Comité de défense de Leonard Peltier : " Il est donc reconnu qu'il
est torturé pour raisons politiques. " L'opinion publique et de nombreuses organisations luttent à ce jour pour la révision du procès de Leonard Peltier.
L'ethnologue Jean-Marc Bertet écrit dans le Monde diplomatique : " Car il apparaît de plus en plus que le véritable crime de Leonard Peltier est d'être un Indien et d'avoir eu le tort de défendre les droits essentiels de ces peuples premiers avec lesquels l'Amérique n'a pas encore réglé sa dette historique. […] Ce combat est celui de la dignité volée à un homme, en raison de son engagement politique et de son origine ethnique. "
Nous sommes au XXIe siècle et l'être humain est toujours aussi barbare et irrespectueux envers son semblable…
A lire :
Écrits de prison, de Leonard Peltier (Albin Michel,
2000), ouvrage préfacé par Danielle Mitterrand, qui a rendu visite à Leonard Peltier dans sa cellule.
Les éditions Albin Michel ont décidé de reverser l'intégralité des bénéfices réalisés par la vente du livre au Comité de défense de Leonard Peltier (LPDC).
Pour libérer Un Homme SIGNER LA PETITION un clic ICI